Les marchés pétroliers ont connu un brusque accès de tension lundi, avec des prix s’approchant des 120 dollars le baril, un niveau inédit depuis 2022. Cette flambée, déclenchée par l’escalade militaire au Moyen-Orient, ravive les craintes d’un nouveau choc énergétique susceptible de fragiliser la reprise économique mondiale.
Sur les marchés asiatiques avant l’ouverture européenne, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a brièvement bondi de plus de 30 % pour atteindre 119,48 dollars avant de retomber autour de 102 dollars. Le Brent, principale référence mondiale, progressait pour sa part d’environ 15 %, s’échangeant près de 107 dollars le baril.
Au-delà de la volatilité immédiate, les investisseurs redoutent surtout une perturbation durable de l’offre mondiale. Les tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran font planer un risque sur le détroit d’Ormuz, couloir maritime stratégique par lequel transite près d’un cinquième de la production pétrolière mondiale. Toute entrave à ce passage vital pourrait provoquer un choc d’approvisionnement et accentuer la pression sur les prix de l’énergie.
Les implications économiques sont potentiellement lourdes. Une hausse durable des cours du brut renchérirait les coûts de transport, de production et d’électricité dans de nombreuses économies déjà fragilisées par l’inflation et les incertitudes géopolitiques.
La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a ainsi averti qu’une augmentation de 10 % du prix du pétrole sur une période prolongée pourrait ajouter environ 0,4 point de pourcentage à l’inflation mondiale. Un tel scénario compliquerait la tâche des banques centrales, engagées depuis plusieurs mois dans un délicat processus de stabilisation des prix et de soutien à la croissance.
Daouda Yansané