Émergence – Les Guinéens ont célébré, ce dimanche 1er mars, dans une quasi-indifférence, le 66è anniversaire de la création de leur monnaie nationale. Dans un climat économique morose, marqué par une crise persistante de liquidités, personne n’avait manifestement pas la tête à la fête.
1er mars 1960 – 1er mars 2026. Cela fait exactement 66 ans que la Guinée s’est dotée de sa monnaie, le Franc guinéen, symbole fort de sa souveraineté.
Aujourd’hui, cette monnaie traverse une zone de turbulences, prise dans une spirale de difficultés caractérisée entre autres par une pénurie de cash et une dépréciation de sa valeur.
Cette année, la monnaie est célébrée alors même qu’elle se fait rare. Malgré la multiplication des injections de liquidités dans le circuit fiduciaire, les effets tardent à se faire sentir. Depuis près d’un an, cette situation asphyxie les acteurs financiers et freine l’activité économique.
Confrontées au manque de billets, les banques primaires ont instauré des limites de retrait. Les retraits des particuliers sont plafonnés entre un million et trois millions de francs guinéens par transaction.
Une telle mesure a contribué à exacerber la méfiance entre les opérateurs économiques et le système bancaire, accentuant les tensions déjà perceptibles.
Dans un tel contexte déjà assez tendu, la Banque Centrale de la République de Guinée, chargée de la conduite de la politique monétaire du pays, a marqué l’événement avec sobriété. Sans tambour ni trompette.
Son gouverneur, Karamo Kaba, a prononcé un discours succinct revenant sur certains acquis enregistrés en 2025. Selon lui, la souveraineté monétaire demeure un levier essentiel pour soutenir la dynamique de croissance, préserver la stabilité macroéconomique et garantir une gestion rigoureuse des revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles.
Il a assuré que l’institution s’est mobilisée face aux tensions sur la disponibilité du cash, mettant en œuvre des mesures destinées à rétablir la fluidité des paiements et à renforcer la confiance du public. « A cet effet, des émissions conséquentes de billets ont été réalisées afin d’améliorer l’approvisionnement du système bancaire et de répondre efficacement aux besoins de l’économie », a-t-il affirmé.
Reste que, malgré ces assurances, les mesures d’urgence engagées peinent encore à produire des résultats tangibles, laissant planer le doute sur l’efficacité réelle des réponses apportées à cette crise monétaire.
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