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Enseignement supérieur : la Guinée lance le Programme « 250 femmes docteurs d’ici 2035 »

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a procédé ce lundi au lancement officiel d’un ambitieux programme intitulé : « 250 femmes docteurs d’ici 2035 », à la Cité des sciences et de l’innovation de Guinée. L’objectif : renforcer la représentativité des femmes dans les sphères scientifiques et académiques du pays.

La cérémonie a connu la présence de plusieurs personnalités, dont le ministre de l’Enseignement supérieur, des représentants d’autres ministères, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des membres du corps académique.

Portée par la vision du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, et intégrée à la stratégie Simandou 2040, cette initiative reflète une ambition politique forte en faveur de l’égalité des chances. Le ministre Alpha Bacar Barry, sous l’impulsion duquel cette activité a été organisée, a été salué pour son engagement dans la promotion de la recherche et de l’innovation inclusive.

Dans son allocution de lancement officiel, la cheffe de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’innovation, Pr Fanta Touré a rappelé le déficit criant de représentation féminine dans le domaine scientifique, appelant à repenser les stratégies nationales pour bâtir une élite inclusive et innovante. « Ce programme vise à former 250 femmes titulaires d’un doctorat d’ici 2035. Il répond à une double exigence : corriger les déséquilibres de genre dans le milieu académique et renforcer les compétences nationales pour un développement fondé sur le savoir », a-t-elle déclaré.

En conclusion, les autorités ont réaffirmé leur volonté de faire de ce programme un modèle reproductible. « Cela ne sera possible qu’avec un engagement collectif : celui des institutions, des partenaires et de toute la société. Ensemble, faisons émerger une nouvelle génération de femmes scientifiques, leaders et porteuses d’avenir pour la Guinée », a conclu la cheffe de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur.

Le directeur général de la Cité des sciences, Pr Ibrahima Baniré Diallo  s’est réjoui du choix de son institution comme cadre de lancement : « C’est une fierté pour moi, fils d’enseignants-chercheurs, de voir la Guinée s’engager dans la construction d’une élite scientifique féminine. Ce programme est un symbole fort, surtout dans un secteur où les femmes sont encore peu représentées ».

Pour incarner cette dynamique, plusieurs femmes scientifiques de renom ont été désignées ambassadrices du programme : la Professeure Fanta Touré, la Dre Fatoumata Sylla, la Professeure Diana Boubacar, entre autres. « À toutes les jeunes filles qui s’engageront dans cette aventure, nous disons : osez penser, osez chercher, osez transformer », a lancé le directeur de la Cité des sciences, dans un appel à l’audace et à l’innovation.

Le programme ne s’arrête pas à l’annonce : plusieurs actions ont déjà été initiées pour préparer le terrain. Le service Genre, Équité et Inclusion du ministère, dirigé par Mme Bintougbè Diakité Kaba, a révélé que  la participation des femmes à la recherche scientifique reste marginale, avec un taux de 0,1%. « Cette sous-représentation compromet la crédibilité de notre système éducatif et freine l’innovation », a-t-elle alerté, appelant à un engagement fort des institutions.

Elle a également parlé des prouesses de sa direction avec la mis en place un numéro vert (167) pour dénoncer le harcèlement dans le milieu universitaire, en plus d’une campagne de sensibilisation dans huit établissements d’enseignement supérieur.


Par ailleurs, un partenariat avec l’AFD a permis de développer une stratégie d’institutionnalisation de l’approche genre au sein du ministère. Des formations ont également été dispensées aux recteurs, doyens et enseignants sur les enjeux liés au genre, à la pédagogie sensible et à la lutte contre les violences en milieu académique. Des mesures incitatives sont aussi prévues pour les femmes en situation de handicap.

Daouda Yansané