Depuis plusieurs mois, la Guinée traverse une crise de liquidité sans précédent, qui ne cesse de s’aggraver. Longtemps cantonnée aux banques ayant plafonné les retraits, cette crise touche désormais aussi les systèmes de transfert d’argent par voie électronique.
Pour y remédier, le gouverneur de la Banque centrale avait promis d’injecter des billets pour une valeur totale de plus de 2 000 milliards GNF, dont près de 500 milliards devaient être mis en circulation en ce mois d’août. Jusqu’ici, rien n’a été concrétisé.
Mais au-delà du retard, c’est surtout la solution proposée par le patron de la Banque centrale qui suscite la polémique. Critiquée par plusieurs spécialistes, elle vient d’être ouvertement désavouée par le chef du gouvernement.
Dans une interview accordée à nos confrères du journal Le Punch, le Premier ministre Bah Oury n’a pas mâché ses mots pour rejeter l’approche du gouverneur Karamoko Kaba.
« La solution ne réside pas dans le simple fait d’imprimer des billets pour satisfaire la demande. Si vous imprimez en permanence, vous augmentez la masse fiduciaire en circulation. Mais si les circuits financiers et bancaires ne fonctionnent pas correctement, si les banques ne collectent pas suffisamment de ressources pour couvrir leurs besoins, la crise persistera. On sera obligé, à chaque fois, d’imprimer encore et encore, ce qui n’est pas soutenable à long terme.
Ce qu’il faut, c’est moderniser les moyens de paiement afin de réduire le besoin de liquidités. (…) Si les opérateurs travaillent à la formation et à la sensibilisation, les transactions pourront se faire sans recourir systématiquement au cash. C’est une approche nouvelle, qui demande des explications et un changement progressif de nos pratiques traditionnelles », a-t-il déclaré.
Emergence