Émergence – La Guinée abrite cette semaine les assises du Conseil d’administration et du Conseil des ministres du Centre ouest-africain de services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres ou encore West African Science Service Centre on Climate Change and Adapted Land Use (WASCAL). Cette organisation régionale, dédiée à la recherche scientifique, au renforcement des capacités et à la fourniture de services climatiques, regroupe plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et l’Allemagne.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée à Conakry en présence de hauts responsables guinéens et de partenaires techniques et financiers. Dans son allocution, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a exprimé la fierté de la Guinée d’accueillir un événement d’une telle envergure, rappelant que Conakry est devenue « un carrefour des rencontres scientifiques et diplomatiques.
Il a salué « une étape stratégique dans la vie de notre organisation commune », soulignant que la tenue successive du Conseil d’administration et du Conseil ministériel traduit la volonté collective des États membres de renforcer la coopération scientifique et de relever les défis liés au changement climatique, au développement durable et à l’innovation technologique.
Depuis sa création en 2012, WASCAL a formé plus de 560 docteurs et encadre actuellement plus de 220 étudiants à travers ses programmes doctoraux. En Guinée, un programme dédié au changement climatique, aux mines et aux forêts a été lancé à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, illustrant l’impact concret de l’organisation dans le renforcement des capacités scientifiques de la sous-région.
« L’avenir de WASCAL repose sur notre capacité collective à innover et à traduire les résultats de la recherche en solutions concrètes pour nos populations », a déclaré Alpha Bacar Barry, appelant à davantage de partenariats entre institutions académiques, gouvernements et organisations internationales.

Dans son discours de circonstance, le président du Conseil d’administration du WASCAL, Professeur Chinedum Uzoma Nwajiuba, a exprimé sa profonde gratitude à l’endroit du peuple guinéen et de ses autorités pour l’accueil chaleureux réservé aux délégations. « Depuis notre arrivée, nous nous sommes sentis les bienvenus et avons été très bien traités. Cela en dit long sur la bonté du peuple et sur cette terre africaine qu’est la Guinée », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs rappelé l’importance de la Guinée dans la sous-région, qualifiée de « château d’eau de l’Afrique », car elle abrite les sources de grands fleuves comme le Sénégal, la Gambie et le Niger. Évoquant le majestueux fleuve Niger, il a souligné le rôle symbolique qu’il joue dans l’unité africaine : « Ce fleuve relie des peuples de diverses ethnies et de différentes langues. Il incarne notre diversité, mais aussi notre interconnexion en tant qu’Africains. »
Le président du Conseil est également revenu sur les acquis du WASCAL au cours des treize dernières années, notamment dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique sur le climat. Il a appelé les ministères et gouvernements des pays membres à continuer de soutenir cette dynamique, rappelant que les travaux de Conakry préparent la réunion ministérielle qui portera sur deux dossiers majeurs : le plan stratégique et la stabilité financière de l’organisation.
La Guinée, plus jeune membre de l’institution, a été particulièrement saluée pour son engagement et sa capacité d’accueil. Le président du Conseil a adressé ses félicitations au ministre guinéen en charge du secteur, louant sa « grande responsabilité » et ses « valeurs humaines ».
Les travaux de Conakry doivent déboucher sur des décisions stratégiques pour les cinq prochaines années, notamment en matière de gouvernance, de financement et de programmes de formation.
Daouda Yansané