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Bauxite : Axis International réclame 28,9 milliards USD à la Guinée dans une procédure d’arbitrage

Emergence – Axis International Ltd, société de droit émirati, a annoncé ce lundi l’ouverture d’une procédure d’arbitrage contre l’État guinéen devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une institution du Groupe de la Banque mondiale.

L’entreprise affirme que sa filiale, Axis Minerals Resources, dont elle détient 85 % du capital — les 15 % restants appartenant à l’État guinéen — a été illégalement privée de ses droits miniers en Guinée.

Dans un communiqué rendu public ce lundi, Axis International Ltd indique réclamer une indemnisation d’au moins 28,9 milliards de dollars américains, à la suite de la résiliation de ses concessions minières situées dans la préfecture de Boffa. Les gisements concernés disposeraient d’un potentiel estimé à plus de 800 millions de tonnes de bauxite.

« La mine fonctionnait à grande échelle et faisait vivre 5 000 travailleurs directs et indirects ainsi que leurs familles dans la région de Boffa. La résiliation soudaine du permis a eu un impact direct et néfaste sur les populations qui dépendaient de ce projet pour leurs moyens de subsistance », a indiqué Vasundhara Oswal, directrice générale d’Axis Minerals, citée par le communiqué.

Les permis détenus par Axis figurent parmi la cinquantaine de titres miniers annulés cette année par les autorités guinéennes pour non-respect des obligations contractuelles et des dispositions du Code minier.

Selon les informations recueillies par Emergence Magazine, les conventions concernées sont celles de AGB2A, dont les exportations ont dépassé 19 millions de tonnes de bauxite en 2024.

Dans le même communiqué, l’avocat d’Axis International, Me Gunjan Sharma, conteste fermement les motifs avancés par les autorités guinéennes, estimant que « la justification invoquée pour la révocation du permis minier – à savoir que la mine était inactive ou sous-utilisée – est dénuée de fondement ».

À travers cette procédure d’arbitrage, la société basée aux Emirats arabes unis dit espérer obtenir réparation pour ce qu’elle qualifie de retrait brutal de ses permis miniers, effectué sans préavis, sans concertation ni compensation, et reposant, selon elle, sur des justifications sans fondement.

Emergence Magazine s’efforce d’obtenir la version des autorités guinéennes afin d’éclairer l’opinion publique sur cette affaire. Les tentatives sont vaines pour l’instant.

Samuel Camara