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Bakou : « Le portefeuille actuel de la BID est de 1,4 milliard de dollars » (Interview – Ministre du Plan)

La cinquante-et-unième Assemblée annuelle de la Banque islamique de développement (BID) se poursuit à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan. La cérémonie officielle d’ouverture de ce rendez-vous majeur de la finance internationale a été présidée ce jeudi 25 juin par le président du pays hôte, accompagné de son homologue algérien.
En marge de cette cérémonie, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, qui conduit la délégation guinéenne en sa qualité de gouverneur de la BID s’est exprimé, sur les enjeux de cette participation ainsi que sur la place de l’institution dans le financement des projets en Guinée.

Dans un entretien accordé à notre envoyé spécial , le ministre a insisté sur le rôle stratégique de la Banque islamique de développement dans l’accompagnement des ambitions économiques du pays.

L’élection du président de la BID et l’ouverture officielle

« La Guinée a été représentée par moi-même ainsi que par le gouverneur de la Banque centrale, en qualité de suppléant auprès de la Banque islamique de développement.
À Bakou, nous avons pris part à la cérémonie officielle d’ouverture présidée par le président de la République d’Azerbaïdjan. Le thème retenu cette année est l’intégration régionale et la prospérité partagée.
Cette session a également été marquée par la reconduction du président du groupe de la BID, Dr Mohammed Souleiman Al Jasser, pour un second mandat de cinq ans, approuvé à l’unanimité.
Nous avons suivi avec intérêt la vision portée par le président de l’Azerbaïdjan, qui rejoint celle du président Mamadi Doumbouya autour de la transformation structurelle, de la valorisation des matières premières, de l’intégration régionale ainsi que des politiques sociales. ».

Des rencontres avec plusieurs partenaires.

En marge de l’assemblée, la délégation guinéenne a rencontré plusieurs partenaires techniques et financiers.
Nous avons échangé avec le président du Fonds de l’OPEP, la BADEA, les représentants du Fonds koweïtien ainsi que d’autres institutions avec lesquelles nous préparons la table ronde de coordination des fonds arabes prévue la semaine prochaine à Vienne.
Par ailleurs, les agences de la BID nous ont informés qu’elles ont signé la réassurance du projet routier 2 fois 2 voies Labé–Tougué.

Nous avons également rencontré plusieurs ministres des pays membres de la BID afin de consolider des partenariats. ».

Des avancées concrètes pour la Guinée

« Avec mon collègue des Infrastructures, Facinet Sylla, nous avons discuté avec le futur conseil d’administration de la BID du projet de route en 2×2 voies Kagbélén–Tanènè. La participation envisagée de la BID est estimée à près de 250 millions de dollars.
Nous avons également rencontré le ministre azerbaïdjanais de l’Économie et du Plan avec lequel nous avons signé un accord dans le domaine de la formation.
Le président d’Azerbaïdjan accorde une grande importance à la coopération Sud-Sud ainsi qu’à la coopération avec la Oumma islamique, dont la Guinée est membre fondateur. »

La BID, premier bailleur de fonds de la Guinée.

« Aujourd’hui, nous sommes fiers de l’apport de la BID en République de Guinée. Nous communiquons peu sur ces résultats, mais la BID est actuellement le premier bailleur de fonds du pays.
Son portefeuille atteint aujourd’hui 1,4 milliard de dollars. Elle dépasse de très loin la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
Avec les nouvelles inscriptions, notamment le financement du projet Kagbélén–Tanènè à hauteur de 250 millions de dollars, ce portefeuille pourrait atteindre 1,9 milliard de dollars, voire se rapprocher des 2 milliards de dollars.
La majorité des projets financés sont des projets structurants, régionaux et à forte dimension sociale. A cet effet, une mission conjointe BID–BAD est attendue à Conakry pour une revue à mi-parcours du partenariat-pays, estimé à 666 millions de dollars. La vision globale de la BID, telle qu’elle a été définie lors de notre rencontre il y a deux ans à Médine, était de regrouper tous les projets dans un seul programme intégré. Avec Monsieur le Gouverneur, nous avons déjà échangé avec la BID et les discussions vont se poursuivre avec le président de l’institution pour mettre en place un projet intégrateur, comme cela a été fait au Sénégal.

L’image de la Guinée auprès des partenaires.

La perception actuelle du pays est positive . La Guinée bénéficie aujourd’hui d’un leadership et d’une vision portés par le président Mamadi Doumbouya.
Le projet Simandou est devenu une référence en Afrique et au-delà, notamment pour son caractère intégrateur.
Notre vision s’appuie sur un plan de développement socio-économique durable et responsable que nous avons partagé avec les autorités azerbaïdjanaises. L’ambition est claire . Il s’agit de transformer les ressources naturelles afin de créer une prospérité partagée. Telle est le moteur de la vision de notre Président.

Sur le retard du projet Waqf BID.

Nous sommes fiers de l’apport de la BID en République de Guinée aujourd’hui, même si nous communiquons encore peu sur les projets qu’elle finance, comme l’a souligné Monsieur le Premier ministre . Le Waqf BID est un projet intégrateur important non seulement pour la Guinée, mais aussi pour toute l’Afrique.
Je tiens à remercier la Banque centrale pour son accompagnement décisif dans l’avancement de la première phase du projet.

Le président du groupe de la BID suit personnellement ce chantier qu’il souhaite voir reproduit dans d’autres pays africains.

Le Sénégal a déjà procédé à la pose de la première pierre de son premier Waqf.
La Guinée est aujourd’hui pionnière dans l’utilisation de cet instrument financier. Nous comptons partager cette expérience avec d’autres pays, notamment à travers la construction du siège du Waqf BID à Conakry afin de faire du pays une référence dans ce domaine.

Depuis Baku

Interview réalisée par Mognouma 

Envoyé spécial