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ANAIM en crise salariale : la machine minière de Kamsar menacée.

La tension monte à Kamsar, dans la préfecture de Boké, où les travailleurs de l’Agence nationale d’aménagement des infrastructures minières (ANAIM) annoncent une manifestation ce mardi. En cause : le non-paiement de plusieurs mois de salaires, une situation qui fragilise non seulement les employés mais aussi l’économie locale déjà fortement dépendante des revenus miniers.

Selon la section syndicale, malgré de multiples mémorandums adressés à la direction générale, les revendications des travailleurs restent lettre morte. « Nos familles souffrent, nos droits sont bafoués », déplorent-ils dans une déclaration parvenue à la presse.

L’ANAIM, bras technique de l’État chargé de la gestion et de l’entretien des infrastructures minières stratégiques (ports, chemins de fer, zones industrielles), joue un rôle clé dans la chaîne d’exportation de la bauxite. Or, les difficultés de trésorerie que traverse l’institution pourraient impacter la fluidité des opérations minières, au risque de ralentir les activités des grandes compagnies installées à Boké et à Kamsar.

À Kamsar, ville minière où la majorité des ménages dépendent directement ou indirectement des revenus liés à la bauxite, le retard de paiement des salaires des travailleurs de l’ANAIM risque de peser lourdement sur le pouvoir d’achat et sur la circulation monétaire locale. Des commerçants s’inquiètent déjà d’une baisse de la consommation si la crise persiste.

En menaçant de descendre dans la rue, les employés de l’ANAIM veulent non seulement obtenir le règlement de leurs arriérés, mais aussi alerter sur les risques économiques qu’une telle crise fait peser sur l’ensemble de la région de Boké.

Daouda Yansané