Il pensait avoir remporté la bataille judiciaire. Depuis le mois d’avril, Ahmed Kanté, ancien Directeur général de la SOGUIPAMI et ex-ministre des Mines, ne cessait de se présenter comme blanchi dans l’affaire GIC/AGB2A, allant jusqu’à multiplier les déclarations publiques triomphales.
Mais la vérité judiciaire vient de le rattraper. Le 2 septembre dernier, la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), à travers sa chambre spéciale de contrôle de l’instruction, a brisé cet élan de victoire en infirmant l’ordonnance de non-inculpation qui lui avait été accordée le 24 avril 2025.
Au terme de son délibéré, la Cour a ordonné son inculpation pour abus de confiance, un délit prévu par l’article 428 du Code pénal guinéen.
Les coulisses de la décision
La partie civile et le procureur spécial avaient tous deux fait appel dès le 25 avril, contestant la décision de non-inculpation. Leurs arguments, consolidés par le réquisitoire introductif de décembre 2024 et le procès-verbal d’interrogatoire de Kanté en avril 2025, ont convaincu la chambre de réexaminer le dossier.
Après analyse des pièces, la CRIEF a conclu que les charges étaient suffisamment sérieuses pour relancer les poursuites.
Un dossier sensible
Ce revirement illustre la complexité et la sensibilité du dossier GIC/AGB2A, qui mêle intérêts miniers stratégiques et soupçons de malversations financières. Dans un contexte où la lutte contre la corruption est devenue un cheval de bataille des autorités de transition, l’inculpation d’un ancien haut responsable envoie un signal fort.
Reste désormais à savoir si Ahmed Kanté, qui clamait déjà sa victoire, saura convaincre la justice lors des prochaines étapes du procès.
Daouda Yansané