Emergence – La Guinée pourrait franchir en 2027 un nouveau cap dans sa stratégie de financement avec l’émission pour la première fois de son histoire d’eurobonds, ces obligations souveraines libellées en devises fortes et destinées aux investisseurs internationaux.
L’année prochaine pourrait ainsi marquer l’entrée de Conakry sur le marché obligataire international. Le gouvernement entend s’appuyer sur plusieurs facteurs favorables, notamment l’amélioration récente de la notation souveraine du pays par l’agence Standard & Poor’s, le démarrage de la production de Simandou et un niveau d’endettement public qui reste, selon les autorités, compatible avec les standards requis.
L’annonce a été faite cette semaine par la ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, à l’occasion des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale tenues à Bangkok, en Thaïlande. Elle n’a toutefois pas précisé le calendrier exact ni le montant envisagé pour cette éventuelle première émission, selon nos informations.
L’annonce de cette perspective intervient alors que la Guinée cherche à diversifier ses sources de financement pour accompagner ses ambitions de développement et les investissements liés notamment au programme de développement socio-économique Simandou 2040.
Une émission en devises fortes permettrait à l’État de mobiliser des ressources directement sur les marchés internationaux, mais l’opération exposerait également le pays aux conditions de financement et aux fluctuations des marchés mondiaux.
Pour la Guinée, cette opération constituerait une étape importante dans la modernisation de sa stratégie de financement public limitée jusque-là aux prêts bi et multilatéraux et aux emprunts sur les marché local.
Samuel Camara