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Coopération Guinée-Japon : un projet innovant de 393 333 USD pour renforcer la santé maternelle et néonatale lancé

Emergence – Les autorités guinéennes et l’Ambassade du Japon en Guinée ont lancé, mardi 16 juin, un projet innovant destiné à améliorer l’accès aux services de santé maternelle et néonatale, tout en renforçant la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) dans le pays.

Financé par le gouvernement japonais à travers le budget de la TICAD, ce programme est doté d’une enveloppe de 393 333 dollars américains. Sa mise en œuvre sera assurée par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) sur une période d’un an, allant de mars 2026 à février 2027.

Baptisé « Amélioration de l’accès aux services de santé maternelle et néonatale et lutte contre les violences basées sur le genre grâce à la digitalisation d’un système intégré de diagnostic et de prise en charge optimisée par télésanté en Guinée dans un contexte humanitaire », ce projet ambitionne de transformer la prise en charge sanitaire grâce aux solutions numériques.

Dans un contexte guinéen marqué par la recrudescence des inondations, la survenue des épidémies et la hausse du taux de violences sexistes, cette initiative apporte une réponse adaptée aux difficultés d’accès aux structures sanitaires, notamment dans les zones éloignées. Elle repose sur la digitalisation des services de diagnostic et de suivi médical à travers une technologie de télésanté développée par la société japonaise SOIK Corporation, spécialisée dans les solutions numériques de santé.

Le dispositif permettra notamment d’effectuer des échographies à distance, d’améliorer le suivi prénatal, de faciliter le diagnostic précoce et d’assurer une meilleure prise en charge des nouveau-nés et des victimes de violences basées sur le genre.

Au total, dix structures sanitaires ainsi qu’une clinique mobile bénéficieront de ce programme. Environ 5 280 femmes sont ciblées dans le cadre de son déploiement, avec l’implication de 20 sages-femmes chargées d’assurer les services de proximité.

Une innovation saluée par les partenaires

Pour la représentante du FNUAP, Anita Akumiah, ce projet constitue une avancée majeure pour le système de santé guinéen. Elle estime qu’il ne s’agit pas d’une intervention ordinaire, mais d’un véritable « saut technologique » permettant d’apporter des soins essentiels aux populations les plus vulnérables.

Selon elle, cette initiative répond à une triple ambition : sauver des vies, protéger les femmes et renforcer la résilience du système de santé face aux crises futures.

Dans la mise en œuvre, elle permettra de réaliser de l’échographie et de poser des diagnostics précoces et apporter des soins néonataux là où ils sont les plus nécessaires. Elle a appelé les acteurs à faire preuve de rigueur, de réactivité et de compassion.

La cheffe de cabinet du ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Fatoumata Touré, a salué une initiative capable de rapprocher les services essentiels des populations vivant dans les zones les plus reculées. Elle a également apprécié l’apport technologique japonais qui permet d’adapter les solutions numériques aux réalités guinéennes.

Au nom de la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Fatoumata Battouly Diallo, conseillère chargée de missions dudit ministère, a assuré que les services proposés dans le cadre de ce programme seront gratuits. Elle a également annoncé la formation du personnel sanitaire à l’identification et à la prise en charge médicale des victimes de VBG.

« Notre ministère sera à vos côtés à chaque étape pour que ce projet ne reste pas une belle cérémonie, mais devienne une réalité qui sauve des vies, dans nos îles, dans nos quartiers et dans nos villages », a-t-elle déclaré.

De son côté, le secrétaire général du ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, Yassy Roger Klonon, s’est réjoui de l’intégration du volet consacré aux violences basées sur le genre. Pour lui, l’association entre santé maternelle, santé néonatale et lutte contre les VBG constitue une approche porteuse de changements qualitatifs.

Le savoir-faire japonais au service de la santé guinéenne

L’ambassadeur du Japon en Guinée, Kato Ryuichi, a expliqué que l’application dédiée à l’échographe portable SPAQ permettra d’améliorer le suivi prénatal, la centralisation des résultats médicaux et le monitoring des patientes dans les zones isolées.

Selon le diplomate, cette initiative traduit l’approche défendue lors de la TICAD 9, qui consiste à « co-créer des solutions aux défis africains » grâce au partage des technologies et de l’expertise japonaise.

Au-delà de l’amélioration de l’accès aux soins, le projet contribuera également au renforcement des compétences du personnel médical local et à une meilleure préparation des communautés face aux futures urgences sanitaires, a indiqué l’ambassadeur Kato Ryuichi.

Déjà expérimentée dans quatre pays africains — la République démocratique du Congo, la Zambie, la Sierra Leone et le Gabon — cette solution numérique a enregistré un niveau de satisfaction élevé auprès des bénéficiaires, d’après SOIK Corporation.

Ougna Camara